Imaginez une ville dont la population triple en une journée. Des visiteurs venus de toute l’Europe tâchant de s’orienter sur un dépliant qu’il faut bien tenir dans ses mains si l’on ne veut pas qu’il s’envole. Des tramways bondés avançant au pas. Des enfants comptant les lumignons posés sur les rebords de fenêtres, des effluves de vin chaud… et vous aurez une idée de Lyon la nuit dernière.
Dans le jardin de poche de la rue de Créqui les visiteurs étaient plus nombreux que la veille. Nous avions déjà vu certains d’entre eux à la Bibliothèque du 3ème arrondissement où était organisée une rencontre. Un couple cherchait depuis un moment notre phrase dans le quartier… une jeune femme y a lu un propos sur le théâtre. Un lecteur était venu pour Voltaire, qu’il lit passionnément depuis longtemps, pour son esprit et le mordant de son style. Nous avons évoqué des questions d’urbanisme (les murs de la ville nous appartiennent-ils ?)(l’histoire des noms de rues et de places, la poétique des noms), des questions de société (l’historique de la Fête des lumières) et de culture (l’importance de la valorisation des pratiques artistiques amateurs – écriture, arts plastiques, musique). Cécile l’une des bibliothécaires prenait des notes pour son mémoire de formation.
Au cours de la soirée, parmi les visiteurs : une mère et sa fille qui fuyaient la foule de la Presqu’Île, des Suisses de passage, des adolescents du quartier amateurs de thé à la menthe avec un sucre et demi s’il-vous-plaît
, Malika notre complice de la bibliothèque du 3ème arrondissement, et trois jeunes philosophes, dont Laura, étudiante, initiatrice de cafés philosophiques à Lyon. Au terme de nos échanges, je lui ai proposé de prendre ponctuellement le relais du blog. Que la Philosophie des Lumières/Lyon continue de vivre, comme plateforme d’échanges et de rencontres, citoyennes, humaines… à suivre.
