
Jeudi 4 octobre. Marie-Marine l’assitante d’Anne-Claire, administratrice du projet “La philosophie des lumières” (Lyon et Genève), avait bien organisé les choses. Planning chargé. 6 lieux ou associations du quartier Voltaire à rencontrer en une journée. L’occasion d’exposer le projet et de faire un peu plus concrètement connaissance avec le quartier Voltaire. La densité et la vitalité du tissu associatif m’ont beaucoup frappée. L’association Awal (Association lyonnaise franco-berbère d’action culturelle, socio-éducative et citoyenne), Giacomo Spica (ateliers, formation en cultures urbaines,VMC production), ADOS (association pour le dialogue et l’orientation scolaire), l’Alliance Française, le Centre Social Bonnefoi… Je les remercie tous pour leur disponibilité, leurs conseils, leurs mises en garde, et leurs propositions.
En arpentant les rues, je constate la profonde métamorphose du quartier. Autant dire la fin d’un monde. Une grue est en train de détruire une maison au bout de la rue Voltaire, une ancienne entreprise de “réglure sur papier” (où l’on imprimait les lignes sur les pages des cahiers). Plusieurs bâtiments voisins sont murés. Sur un plan du Centre Bonnefoi nous verrons qu’un îlot entier entre la Place Voltaire et la rue Créqui est voué à être démoli. Depuis nos repérages de cet été le paysage n’est plus le même. La façade-support de notre installation sera-t-elle encore là en décembre…?! Avec le Centre Social Bonnefoi naît l’idée d’une question à poser aux habitants du quartier : “Doit-on écrire sur les murs ? Votre témoignage nous intéresse”. Une manière d’engager un échange autour de notre intervention.
En fin de journée à la Bibliothèque Municipale, l’idée suit son cours et fait boule de neige… la même question sera posée aux lecteurs de la bibliothèque par l’intermédiaire de marque-pages glissés dans les livres. Chacun pourra répondre en laissant un mot dans une boîte placée à la bibliothèque, sur le blog ou en venant sur le lieu de l’installation du 6 au 9 décembre (une tente accueillera le public avec chauffage et boisson chaude).
Dans le quartier tout le monde nomme le square où nous allons intervenir “le square de poche”. Nous distribuons fin octobre 100 livres de poche… Il n’y a décidément pas de hasard
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Mots-clefs : La_philosophie_des_lumieres, Lyon


octobre 9, 2007 à 9:14
Distribution ….
Nous venons de distribuer dans les boîtes aux lettres des riverains des exemplaires de “Candide”. C’était très émouvant de glisser les livres dans les ouvertures des boites, d’imaginer les personnes, qui en rentrant ce soir, trouveront notre enveloppe.
Derrière les noms inscrits sur les petites plaques, il y a des individualités qui rencontreront le texte.
Une grande joie nous envahissait, la joie d’offrir, et en même temps nous ne connaissons (pas encore) ces habitants. C’est singulier d’offrir un cadeau à quelqu’un que l’on ne connaît pas.
C’était drôle aussi de se rendre compte que 100 livres c’est très peu, que nous n’avons pu en distribuer que dans quatre ou cinq immeubles, alors que nous comptions innonder les rues et le quartier de livres. C’était trop court, et en même temps, cela nous a montré que d’un projet local, nous sommes passées à un projet individuel. Projet que nous laissons livré à lui même, sans plus aucun contrôle, il ne nous appartient plus. Cela nous rend heureuse et mélancolique à la fois.
novembre 5, 2007 à 9:08
Je trouve votre idée intéressante. Pourquoi ne pas écrire sur les murs à condition que cela soit esthétique; une phrase pour arrêter le passant, le faire réfléchir ou sourire…
novembre 8, 2007 à 10:58
Suite à une proposition d’organisation d’un atelier Street Art dans notre association ADOS au printemps dernier, nous avons beaucoup discuté de la question d’écrire ou non sur les murs… Ca dépend bien sûr de ce qu’on veut écrire, mais pourquoi autoriser certaines expressions et en interdire d’autres ?
Je propose à la réflexion ce témoignage d’un jeune de la ville de Fontaine (38), il y a déjà quelques années :”Je n’aime pas les tags. Ils dégradent ma vie et bafouent celle des autres. J’ai besoin des autres. J’attends d’eux et de leur différence, des mots qui m’aident à vivre. De vrais mots. Des mots de chair. Pas de ceux qu’on laisse à la hâte dans l’anonymat de la haine…”
novembre 11, 2007 à 12:48
@Luce : à propos d’esthétique. J’ai noté que d’un pays à l’autre la culture graphique urbaine changeait. En Suisse, les polices de caractères, le graphisme des publicités, les formats, les couleurs, tout est différent. Je me demande si cette culture visuelle n’agit pas sur notre manière d’investir les murs d’une ville.
@ Catherine : en lisant le témoignage que vous rapportez je pense aussi à tous ces employés de nos villes qui pour effacer les tags respirent des produits dangereux pour la santé. S’agissant des “vrais mots” porteurs de vie et de poésie, je me rappelle adolescente les phrases de René Char, Rimbaud ou Michaux que je recopiais en grand sur des feuilles dont je tapissais les murs de ma chambre….